Les organismes communautaires suffisamment financés : vraiment ?

Les organismes communautaires suffisamment financés : vraiment ?

MONTRÉAL, le 5 novembre 2015 – En réaction à la mobilisation historique du mouvement communautaire des 2 et 3 novembre derniers, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, M. Sam Hamad a fait une déclaration des plus surprenantes. Celui-ci aurait déclaré que « les organismes communautaires sont suffisamment financés au Québec » et que l’augmentation annuelle de leur financement, environ 5 % depuis 10 ans, est plus élevée que la hausse des dépenses du gouvernement qui est autour de 4 % ». Du moins, c’est ce qui rapporté dans le Courrier parlementaire de mercredi 4 novembre dernier.

Pourtant, le ministre Hamad est le ministre responsable de l’application de la Politique gouvernementale en matière d’action communautaire adoptée en 2001 et, par conséquent, responsable de défendre les organismes communautaires au sein de l’appareil gouvernemental, incluant de leur offrir un soutien financier adéquat par chacun des ministères. Sans faire une guerre de chiffres, soulignons quelques éléments sur les données avancées par le ministre.

Premièrement, au début de la période de référence du ministre (2003-2004), il y avait nécessité d’un rattrapage important puisque les organismes « partaient de loin » dans leur financement gouvernemental à la mission. Des augmentations significatives étaient plus que nécessaires afin d’effectuer un certain rattrapage.

Deuxièmement, le gouvernement inclut dans ses calculs le financement accordé à certains organismes qui ne répondent pas aux critères de l’action communautaire mentionnés dans la politique, dont des structures de concertation en environnement.

Troisièmement, une part importante (près de 40 %) du financement est accordée sous forme d’ententes de services ou de projets ponctuels et non au soutien à la mission. Soulignons que les ententes de services découlent de priorités identifiées par le gouvernement, et les organismes communautaires doivent répondre à ces « commandes » s’ils veulent en bénéficier.

Enfin, comment le ministre peut-il sérieusement déclarer que les organismes sont suffisamment financés quand on sait que dans trois ministères la médiane du financement à la mission est de 25 000 $, 50 750 $ et 60 014 $, et ce, selon les données mêmes du gouvernement ? (1) Comment un organisme recevant si peu peut payer son loyer, son téléphone, son matériel de bureau sans oublier les salaires et obligations de ses (ou son) employés ?

Lors d’une rencontre avec le ministre prévue le 13 novembre prochain, le RQ-ACA sensibilisera le ministre à ces réalités des organismes communautaires, en plus d’aborder d’autres questions importantes dont celle du lobbyisme et de la réforme du droit associatif.