Fascicule « Non à l’intimidation, non à la loi 78 »

Depuis le 18 mai dernier, une loi ignoble a été imposée à tous les Québécois. Faite sur mesure pour mâter les étudiantes et les étudiants du Québec, en grève depuis plus de trois mois, cette loi offre en fait à l’État et aux services policiers des pouvoirs discrétionnaires dignes de gouvernements autoritaires que nous avions cru appartenir à une autre époque.

Aucun citoyen ne peut se sentir protégé par une telle loi, car elle érige l’exception en règle et fait du droit une arme contre le citoyen au lieu d’en être le bouclier. Les témoignages ne se comptent plus d’actes de brutalité policière, lesquels seront favorisés par une loi bâclée, et dont les nombreuses zones d’ombre accentuent le caractère arbitraire.

Il est très difficile de débattre dans un cadre purement juridique de la loi 78, car ses enjeux sont d’abord et avant tout d’ordre politique. La loi ne sert clairement pas à protéger les citoyens : elle cherche plutôt à les effrayer. Elle contredit de manière flagrante les libertés fondamentales, à commencer par la liberté d’expression et celle d’association, car elle les réduit à peau de chagrin. Elle vise à instaurer un climat de peur et empêche de facto cela même qui devrait être garanti par nos droits et libertés.

Par cette loi, le gouvernement sape lui-même son autorité morale auprès des citoyens. En effet, l’autorité de l’État devrait se vérifier précisément dans sa capacité à surmonter une crise sans faire appel à des mesures qui ont pour effet d’affaiblir la confiance des citoyens à l’égard du droit et de ceux-là mêmes qui ont pour charge de le faire respecter.